Patrimoine

NOTICE SUR LE PATRIMOINE ARCHÉOLOGIQUE DE LA COMMUNE DE RANDENS

L'histoire des communes Randens et d'Aiguebelle, situées de part et d'autre de l'Arc est intimement liée. Elles se trouvent sur l'itinéraire de France en Italie par le col du Mont-Cenis qui supplante dès le haut Moyen Age comme principal axe transalpin l'ancienne route romaine empruntant la Tarentaise et franchissant le col du Petit-Saint-Bernard. Le château d'Aiguebelle, perché sur un rocher, constitue un verrou stratégique qui commande l'entrée de la Maurienne. Comme Aiguebelle, Randens a connu la prospérité au Moyen Age, bénéficiant notamment des revenus générés par la fréquentation de l'itinéraire transalpin du Mont-Cenis , puis a été durement éprouvée du 16e au 19e siècle par les guerres franco-savoyardes du fait de la proximité de la forteresse de la Charbonnière.

L'itinéraire Mauriennais comportait plusieurs variantes, selon les saisons et les dégâts causés aux routes et aux ponts. On ignore le tracé précis de la voie qui empruntait la rive droite de l'Arc. Le toponyme la Maladière rappelle l'existence de l'un des hôpitaux qui jalonnaient la route. Placés au point de franchissement d'un ruisseau, cet hôpital et sa chapelle dédiée à Saint-Lazare figurent sur la mappe sarde. L'établissement devait posséder son propre cimetière.

Aucune trace d'occupation humaine antérieure au Moyen Age n'est actuellement connue sur le territoire de la commune de Randens.

Au Ile siècle, l'église de Randens fait l'objet d'une contestation entre le siège épiscopal de Maurienne et un seigneur laïc, Agindric, lieutenant d'Humbert, premier comte de Savoie et maître du château d'Aiguebelle. Dédiée à la Vierge et située au nord du bourg actuel, sur la route de Bonvillaret, cette église aurait été ensevelie une première fois par une crue torrentielle du Vorgeray en 1240. Comme beaucoup de communes alpines, l'histoire de Randens est jalonnée de catastrophes naturelles, coulées de boues et crues torrentielles, dont la plus importante est celle de 1748.

En 1748, une crue torrentielle du Vorgeray dévaste le village. L'église paroissiale, le cimetière, la cure, la maison forte des Paernaz de la Pallud et les maisons du bourg sont envahies par les sédiments charriés par le torrent. Une partie du cône de déjection résultant de la catastrophe est alors nommé « Le Pierrier », devenu « Le Perry ». L'importance des dégâts et la quantité de matériaux ayant englouti le site provoquent son abandon. Le culte est alors transféré dans la collégiale, avant la construction d'une nouvelle église en 1822 à l'emplacement de la collégiale. La crise climatique qui marque la fin du Petit Age Glaciaire se traduit par une série d'autres crues du Vorgeray en 1749, 1750, 1751 et 1760. L'endiguement du torrent au 19e siècle protège Randens de nouvelles crues du Vorgeray mais provoque des débordements de l'Arc.

La collégiale Sainte-Catherine est fondée probablement en 1258 par Pierre d'Aigueblanche, personnage religieux influent proche de la maison de Savoie et conseiller du roi d'Angleterre Henri III, devenu évêque d'Hereford en 1240. Sainte-Catherine est un complexe de bâtiments qui se compose d'une grande église gothique et de locaux associés (sacristie, salle capitulaire, d'une chapelle, des maisons des dignitaires et des chanoines et de bâtiments divers (maisons, fours, pigeonnier). Une enceinte crénelée et flanquée de tours rondes abrite la collégiale et ses dépendances ainsi que des jardins. C'est à l'intérieur de cette fortification que se réfugie l'évêque de Maurienne menacé par la révolte des Arves et qu'il signe avec le comte de Savoie venu à son secours le traité de pariage de 1327 qui consacre le pouvoir comtal sur la vallée de la Maurienne. La collégiale est reliée à Aiguebelle par un pont qui franchit l'Arc. A la tête de ce pont et aux abords de l'enceinte de la collégiale se développe le bourg Sainte-Catherine. Le parcellaire du chef-lieu conservé le souvenir de l'établissement religieux et quelques vestiges de l'église médiévale subsistent en élévation dont une tour qui sert de clocher à l'église du 19e siècle.

Plusieurs familles seigneuriales possédaient une résidence à Randens. Un lignage portant le nom de Randens est mentionné vers 1200 mais on ignore tout de lui.

La maison forte de Montfort est antérieure à 1360. En 1866, il n'en subsiste plus que des ruines. Le toponyme « La Tour » et une anomalie parcellaire au sud-ouest du hameau correspondent vraisemblablement à l'implantation de cette maison forte.

La seigneurie de la Gorge appartenait au 18e siècle à Guillaume de Montmayeur. Sur la mappe sarde, le site comprend deux moulins, un martinet, une forge, ... Il en subsiste le toponyme « Le château » et des micro-reliefs du terrain pouvant correspondre à des bâtiments détruits.

Deux autres maisons fortes de Randens ont été détruites par la crue torrentielle de 1748 : la tour de Vial, située au sud du hameau des Durnières, et celle des Paernaz de la Pallud, à Champfleury (devenu Le Perry/La Fabrique)
La basse Maurienne a connu une activité minière et métallurgique particulièrement importante à l'époque moderne. Au 18e siècle, Randens possède l'unique fonderie de cuivre de Savoie et un haut-fourneau traite la majorité du minerai de fer des Hurtières. Deux moulins et un martinet sont installés sur le Nant Brun. Les maîtres de forge Grange acquièrent en 1802 les droits d'exploitation des mines métalliques des Hurtières et tente de s'en conserver le monopole. La production métallurgique atteint son apogée au milieu du 19e siècle. En 1877, la concession passe aux mains de l'entreprise Scheider - Le Creusot. La Fabrique, résidence des Grange, conserve des vestiges des installations métallurgiques.

Par ailleurs, des travaux miniers (extractions de minerai « paysannes ») auraient été exécutés sur le territoire de la commune.

Ce recensement du patrimoine archéologique de la commune correspond à l'état des connaissances actuelles. Il est susceptible d'évolution.


D.R.A.C. Rhône-Alpes / Service régional de l'archéologie (M.P.F.) / 11 mars 2005


Dernière mise à jour de cette page le 12/06/2009

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